Confinement et confidences (1/2)

J’ai lancé, pendant la période de confinement, une série de témoignages sur Instagram. L’idée était de vous interroger sur comment vous traversiez cette période et de partager vos conseils et astuces pour la vivre du mieux possible. Vous retrouverez dans ces articles « Confinement et confidences« , les 12 premiers témoignages publiés. Si vous voulez suivre mon actualité, abonnez-vous à mon compte Instagram.

Sarah, « Ne pas chercher de moyen de faire partir la tristesse à tout prix. »

Sarah, du compte @enfaitcestsimple, habite en Belgique et télétravaille avec son compagnon. Ils ont deux enfants de 4 et 6 ans. Elle médite 2x20min par jour, se lève plus tôt pour avoir un moment seule et réfléchir à sa routine matinale. Elle réserve, chaque jour, deux heures à midi pour passer du temps avec ses enfants et se fixe une heure stricte à partir de laquelle elle ne touche plus à son ordinateur « pour mieux faire la séparation boulot/vie privée« . Elle va également prendre une semaine de congé et « combattre l’envie de la rentabiliser à fond », mais plutôt se laisser vivre « pour profiter de passer du temps avec ses enfants et prendre du temps pour moi sans me mettre de pression. Accepter que ce ne soit pas facile et me forcer à ne pas chercher de moyen de faire partir la tristesse à tout prix quand elle arrive. » Elle aimerait aussi dresser la liste de personnes dont elle a envie de prendre des nouvelles, en profiter pour prendre soin de ses plantes (les arroser) et réfléchir à des gens qu’elle a envie de mettre en avant et les interviewer pour son blog afin de continuer à faire passer des messages positifs.

Sandrine, « Je cherche à profiter du moment présent. »

Sandrine du compte @sandrine2225, habite en région parisienne. Elle a deux enfants de 10 et 12 ans et est au chômage partiel. Elle cherche avant tout à profiter du moment présent pendant cette période. Elle fait le grand ménage, elle trie, lit, écrit…des choses qu’elle n’a pas le temps de faire d’habitude. « Pas d’excuses, on a du temps ! » Elle profite également de ses enfants et de son mari. Elle ne regarde pas trop les infos, mais fait du sport (pilate /yoga/abdo). « Je souhaite également utiliser ce moment particulier pour réfléchir à une reconversion professionnelle et choisir une formation afin de me réaliser.« 

Saïda, « Une chance d’être connectée avec moi-même. »

Saïda, du compte @sbahalaurore, habite en Région parisienne et télétravaille. Elle a deux enfants de 4 et 6 ans. Les premiers jours de confinement ont été très difficiles. Elle a foncé «tête baissée dans le télétravail, dans l’école à la maison, dans une organisation effrénée de chaque heure confinée. » Elle a vite été épuisée et démoralisée. Puis, elle s’est posée et a compris qu’elle ne pouvait rien maîtriser alors autant lâcher prise. 
Depuis, elle vit chaque journée différemment, sans trop de rituels, à l’écoute de ses envies, de son humeur et de celles de sa famille. Elle s’est organisé un petit coin bureau, elle prend des pauses régulièrement ou fait des exercices de respiration. 
Elle s’est transformée aussi en fée du logis, « c’est important que la maison soit propre et rangée pour que nous puissions y vivre agréablement ». Ils cuisinent en famille et elle lit beaucoup. « Sans oublier le drame qui se vit chaque jour ailleurs », elle essaie de vivre ces journées comme une chance d’être connectée à elle-même, loin des turpitudes de la vie professionnelle, et de profiter de sa famille.

Céline, « Exprimer de la gratitude chaque jour. »

Céline, du compte @muchmorecv, est entrepreneure en région parisienne. Elle vit avec son mari et ses deux jeunes enfants.Elle essaie de respecter le même rythme chaque jour.
Elle se lève tôt, tous les jours à la même heure, et s’accorde du temps, seule, car c’est ce qui la « met en énergie« . Puis, elle identifie 3 ou 4 choses qu’elle veut avoir accomplies avant la fin de la journée et notamment celle d’appeler au moins une personne car c’est un plaisir pour elle « d’entendre la voix de ses proches« . Elle respecte des heures régulières pour les repas, notamment pour profiter de bons moments en famille et concentre le pic de son activité professionnelle en début d’après-midi. Puis, elle fait un peu d’activité physique : yoga, étirements ou danse. Après le dîner, elle laisse la place à des activités qui la détendent. Elle prend aussi quelques instants pour exprimer de la gratitude envers les belles choses qui lui sont arrivées dans la journée, même infimes. Le soir, elle lit quelques pages pour trouver le sommeil.

Anaïs, « Je relativise car j’aide mes résidents et j’adore mon travail. »

Anaïs, du compte @anais_nss, a 23 ans et habite dans l’Hérault. Pour elle, le confinement ne change pas grand-chose, car elle travaille à mi-temps dans un foyer de vie pour adultes en situation de handicap (déficience intellectuelle). Son quotidien est toujours le même, mis à part que beaucoup de choses ont changé pour les résidents qui sont confinés au sein de l’établissement. La journée, ils font des activités à l’ATO (Atelier Thérapeutique Occupationnel), puis ils reviennent au foyer à 16h30. Les résidents de ce foyer sont des personnes vieillissantes, mais ce n’est pas un établissement médicalisé. Des infirmières venaient auparavant s’occuper de 2 résidents mais elles sont parties aider les hôpitaux. Les travailleurs sociaux, eux, ne peuvent pas laisser les résidents seuls. « Il n’y a pas de télétravail pour nous. » Le week-end, l’ATO est fermé. Il faut donc occuper les 11 résidents toute la journée. Heureusement, le centre dispose d’un bel espace extérieur. Ils peuvent en profiter pour faire du jardinage et prendre des goûters dehors. « Avec ce confinement, je relativise, car j’aide mes résidents et j’adore mon travail ! »

Elise, « Garder cette petite graine de folie et de bonne humeur ! »

 Elise, du compte @elise_esev, est travel planner. Son activité est à l’arrêt compte tenu de la situation. Elle cohabite actuellement avec son mari ingénieur et « à ce jour tout va bien ». Ils partagent le bureau qui est la plus petite pièce de leur maison et chacun respecte l’espace et l’organisation de l’autre. Comment garde-t-elle le moral et le cap pendant cette période confinée ? « Je pense à l’après, je réfléchis à proposer des services différents dès la reprise et surtout créer des partenariats avec des lieux en local pour s’entraider entre indépendants. » Son organisation est la clef et surtout son grand agenda. « Je prends toujours le dimanche en fin d’après-midi pour organiser ma semaine. Du coup même en confinement je continue ce rituel. À des tâches assez classiques comme créer mes posts pour Instagram j’ai ajouté des tâches que je repousse depuis longtemps. Notamment, développer une vraie stratégie de newsletter et je me suis donc formée sur cet outil via des webinaires et de la lecture. » Les rituels l’aident aussi à gérer ces journées où elle pourrait être un peu perdue et où elle aurait tendance à s’éparpiller. Et surtout « je m’autorise à faire des stories marrantes, comme je le faisais « avant », parce que cette période ne m’enlèvera pas mon sourire. Ça serait mon plus grand conseil garder cette petite graine de folie et de bonne humeur. »

Rochelle, « J’accueille enfin mon propre rythme sans culpabilité. »

Rochelle, du compte @rochelle_gabe, est autrice. Elle habite dans l’Hérault et passe déjà beaucoup de temps chez elle à écrire. Elle avait donc une bonne idée de ce qui l’attendait. « Je ne me suis pas sentie privée de liberté. » En tant qu’autrice, elle a participé au groupe Facebook « Les indés du livre se mobilisent pendant la quarantaine » et a organisé un concours avec sa maison d’édition @junopublishing pour offrir 10 ebooks gratuits. « Cette vague de partage et de solidarité m’a permis d’entrer dans le confinement de façon positive. » Ensuite, elle a vécu une période difficile, sa fille, aide médicale, travaille dans un centre pour adultes handicapés qui n’a pas été épargné. Elle a vu ses patients, puis ses collègues être contaminés et en tant que maman, elle a eu peur pour elle. « Il a fallu que j’accepte cette peur quotidienne et que je m’en accommode. » 
Aujourd’hui, elle se sent mieux, plus apaisée. Elle a repris activement l’écriture de son dernier roman, qu’elle avait un peu délaissé, car elle n’avait pas la tête à ça, et apprend à « apprécier chaque instant de cette période mémorable. C’est une période d’introspection intense qui n’a pas été simple à appréhender, mais elle est tellement riche d’enseignement. L’important pour moi est de créer mes journées à mon image, en faisant ce que j’aime et en m’accordant une liberté d’organisation. »Elle aime ce ralentissement planétaire qui la fait se sentir à sa place. Elle ne se sent plus en marge d’une société hyper active dénuée de sens. « C’est incroyable, j’accueille enfin mon propre rythme sans culpabilité. Ce qui aurait été impossible pour moi auparavant. »

Christine, « Chacun réalise qu’il s’est peut-être créé des besoins imaginaires. »

Christine, du compte @mybetterplace, est confinée à Paris avec ses deux enfants de 12 et 14 ans. Elle est home organiser, consultante Marie Kondo en rangement et en organisation personnelle. Elle considère ce « temps subi et non choisi » comme « un espace d’expression unique de nos  propres envies, de nos priorités. » Elle se sent à la fois, comme tout le monde, « incrédule et bouleversée  par cette situation sanitaire préoccupante ». Mais paradoxalement, et elle a presque honte de l’admettre, elle éprouve une sorte de soulagement à mettre en pause sa vie de maman de deux enfants, de femme entrepreneure et de parisienne survoltée. Elle apprécie de ne plus courir pour être à l’heure à ses rendez-vous, de ne plus entendre l’alarme de son google agenda retentir « comme un rappel à l’ordre », ne plus « désirer le nouveau « it bag » en secret », ne plus avoir « envie de consommer pour remplir le vide. »
Elle apprécie, au contraire, de poser «un regard joyeux et satisfait» sur ce qu’elle a déjà et ceux qui l’entourent. « Je me contente de ce que je possède et vous savez quoi? Cela me rend heureuse. » C’est un peu la grande surprise de ce confinement pour Christine. « Chacun réalise qu’il s’est peut-être créé des besoins imaginaires.  Ce retour à la maison est aussi un retour à la raison, à l’essentiel. Ce temps suspendu nous laisse toute la place pour se recentrer sur nos forces, nos faiblesses aussi, en un mot: mieux se connaître et basculer enfin dans sa propre énergie. Pas de pression et d’injonction à l’introspection! La beauté de la chose, c’est que cela se fait tout seul. »

Camille, « Je suis emplie d’espoir pour ce qui va suivre. »

Camille, du compte @whaaatdoyousee, a 26 ans. Elle est confinée dans l’Hérault avec ses parents et son petit frère. Elle a terminé ses études de droit et publie sur son compte quelques-unes de ses peintures à l’aquarelle et pastels à l’huile. Cette période de confinement équivaut pour elle à une période de recueillement. De nature observatrice, elle ressent une légitimité à s’adonner à ce qu’elle aime : la peinture, la lecture, méditer « afin de laisser monter l’inspiration. Cela m’est nécessaire avant toute mise en action. » La connexion à son corps se fait aussi davantage en conscience. Elle pratique plus assidûment la gym et le yoga, avec un regard indulgent, sans chercher la performance. « Je trouve cela très rafraîchissant dans un rythme de vie effréné où l’on ne prend plus le temps d’écouter ses sensations et où l’on se dévalorise facilement par la comparaison. » Elle apprécie également à nouveau la richesse de son monde intérieur et de son imagination. « Je suis emplie d’espoir pour ce qui va suivre. »

Séverine, « Mon essentiel est auprès de mes enfants. »

Séverine, du compte @vcommesamedi, est entrepreneure. Elle est confinée en région parisienne avec son mari et ses trois fils adolescents. Elle voit avant tout cette période comme une façon inédite de passer du temps en famille, « un temps plus intense à tous points de vue ! » Les 3 premières semaines ont été essentiellement rythmées par le travail scolaire, assez dense, de ses 2 plus jeunes garçons auprès de qui elle devait rester en raison de leurs difficultés attentionnelles. Elle n’arrivait pas à travailler de façon efficace sur ses propres projets, ce qui a fait naître en elle un sentiment de frustration. Elle travaillait donc tard le soir pour compenser « l’éparpillement » de sa journée. « Tout cela était loin d’être idéal, mais j’ai décidé de lâcher prise pour ne pas céder davantage à l’agacement. J’ai toujours été convaincue que mon essentiel est auprès de mes enfants, ce temps de confinement n’a finalement fait que le confirmer. » Chaque jour, elle prend des nouvelles de ses proches, par texto ou au téléphone. Elle s’autorise également un temps rien que pour elle, souvent après le déjeuner. Elle se pose, une tasse de thé à la main, et lit. « La lecture m’est essentielle. » Les vacances scolaires ont débuté ensuite et « nous sommes beaucoup plus sereins » depuis. Ses garçons avaient grand besoin de cette coupure.
Quant à Séverine, elle met à profit ce temps pour se consacrer davantage à son travail tout en parvenant enfin à faire un peu d’activité physique et à passer du temps en famille. « On a fini par trouver une forme d’équilibre. Nos horaires de repas sont décalés mais on s’en moque. » Bien qu’elle n’ait jamais été une adepte des to-do lists, chaque jour elle se fixe une liste de choses à faire « afin de ne pas céder à la dispersion », sans pour autant se mettre la pression. « Finalement ce qui me perturbe le plus dans ce que nous vivons, c’est le fait de ne pas savoir quand tout cela prendra fin et quand je reverrai enfin ma famille et mes amis. »

Sophie, « Aucune culpabilité de pleurer, de craquer un bon coup. »

Sophie, du compte @othentikcoaching, est coach professionnelle. Elle habite en Écosse, à Aberdeen, et a des jumeaux de presque 9 ans. Elle n’a pas vraiment de routine, mais ça lui ressemble. Elle a passé les 10 premiers jours, habillée en jogging, mais depuis quelques jours, elle prend davantage soin d’elle, y compris dans l’apparence. « En fait, j’essaye de m’écouter et de me mettre le moins de pression possible. » Elle cuisine beaucoup également. Sa « manière de prendre soin des autres » et elle fait des activités manuelles, des puzzles en bois en 3D, des chouchous pour sa fille. Elle a un peu « tiré sur la corde au début », alors maintenant elle a tendance à faire attention. « J’ai essayé des séances d’hypnose en version Mp3 et j’avoue que cela m’a fait un bien fou. Bien sûr, en tant que coach nous avons accès à beaucoup de ressources et en même temps, comme toujours, les cordonniers sont les plus mal chaussés. »  Elle travaille essentiellement le matin et l’après-midi ils regardent un film avec les enfants. Elle fait des devoirs du CNED avec eux, même s’ils sont en vacances, et « comme nous avons la chance d’avoir un jardin, je les pousse à sortir se défouler. » Ils ont aussi instauré un après-repas « jeux » ce qui est « un gros effort pour moi qui n’aime pas jouer, mais cela en vaut la peine pour les enfants! » Sophie essaie de se projeter sur l’après, mais « de manière assez lointaine » en pensant à des formations qu’elle aimerait suivre à la rentrée, par exemple, ou des travaux à faire. « Voilà en gros, pas de pression, suivre mes besoins et mes envies et à l’inverse de beaucoup peu de routine! Et surtout, surtout, aucune culpabilité de « craquer », de ne pas être forte tout le temps, de pleurer un bon coup.»

Anne, « Mes filles voient le positif et partout et j’essaie de m’inspirer d’elles. »

Anne, du compte @un.pas.apres.l.autre, est formatrice dans l’action sociale et habite en Belgique. Elle est confinée avec ses filles de 2 et 4 ans, son chat et ses poules. Elle a été en arrêt maladie les 15 premiers jours du confinement, car elle est une personne à risque, puis après une semaine de reprise, son entreprise lui a demandé de rester chez elle pour qu’il y ait le moins possible de personnes au travail. Elle profite donc de ce temps pour faire des activités avec ses filles qu’elles n’ont pas le temps de faire habituellement. Ce que sa plus grande semble apprécier. « Heureusement qu’il y a le coronavirus, lui dit-elle. Comme ça on peut être ensemble et se faire des câlins quand on veut. » Elles se lèvent et se couchent plus tard que d’habitude, et jouent ensemble. «On cuisine, on fait des bricolages, on joue à des jeux de société, on travaille un peu pour l’école pour ne pas oublier et on profite du jardin. Ça fait du bien, même si l’ombre du virus et de la menace de contamination n’est pas loin. A 2 ans et 4ans, on voit le positif partout et j’essaie de m’inspirer d’elles 😍. »

Merci à toutes pour vos témoignages sincères et authentiques. Ils nous ont permis de nous connecter les unes avec les autres pendant ces semaines de confinement. Je vous en suis infiniment reconnaissante.
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