« Je vis au jour le jour, one thing at a time. » – Julie Ripoll, fondatrice de « San Diego, c’est beau! »

Confidences d’entrepreneure 4

Aujourd’hui, c’est Julie Ripoll, la fondatrice de «San Diego, c’est beau ! », qui se confie à nous. À 40 ans, son parcours professionnel et personnel est déjà riche en rebondissements. Originaire de Sanary-sur-Mer, dans le sud de la France, et maman de deux garçons, elle a commencé sa carrière comme informaticienne avant de devenir fonctionnaire puis élue à la mairie de Pégomas. Une première expatriation familiale l’a amenée ensuite, à Austin, au Texas, pendant an et demi. Puis, après un rapide retour en France, ils se sont installés de manière permanente, à San Diego, en août 2012.

Julie nous raconte, avec simplicité et authenticité, comment des crises d’angoisse l’ont conduite à lancer sa propre entreprise, dédiée à cette ville du sud de la Californie, et comment elle s’y est épanouie avant que le nouveau coronavirus ne provoque l’effondrement mondial du tourisme.

Quel était ton état d’esprit en arrivant à San Diego en 2012?

Mon mari a souhaité repartir assez rapidement après notre première expérience à Austin et il a trouvé un poste en contrat local cette fois-ci. Nous n’avions plus le statut d’expatrié ce qui était un stress supplémentaire, car aux US, tu peux être viré du jour au lendemain. De mon côté, mon visa ne me permettait pas de travailler et ça a été très violent.

Qu’est-ce qui était le plus dur?

L’isolement, même si je faisais du volontariat à l’école des enfants. La reconnaissance dans le travail, peut-être aussi. Notre logement était pourri en plus. Tout était vieux et il n’y avait jamais de soleil à l’intérieur. Je me disais c’est quoi ce rêve américain alors que j’habitais sur la Côte d’Azur. Puis on a déménagé dans une maison lumineuse avec un très beau jardin. À partir de là, j’ai retrouvé mon énergie et j’ai repris mes études. Je suis partie à l’UCSD (Université de Californie de San Diego) et j’ai passé un certificat «Fundraising and development » pour apprendre à lever des fonds pour des organisations à but non lucratif.

Julie Ripoll vit à San Diego depuis 2012.

Qu’est-ce qui t’a donné envie de faire ça?

Je faisais du volontariat et je me suis rendu compte que je pouvais en faire un job. J’étais bonne pour insuffler l’envie aux gens de donner. J’avais 35 ans et ça me plaisait énormément. J’ai aussi commencé à me découvrir. J’ai lu beaucoup de livres pour grandir en tant que personne, fait une formation MBSR en mindfulness. Puis, j’ai obtenu la Green Card et trouvé un boulot dans une fondation liée à l’éducation avant de travailler pour l’école de mes fils. Mais j’ai fini par démissionner.

Pour quelles raisons?

Ça a été une période assez compliquée de ma vie. J’ai commencé à avoir des crises d’anxiété. Je dormais très peu. Je me réveillais, le cœur serré, en me disant, j’ai oublié de faire ci ou ça. Et plus ça allait, plus j’en avais, même en journée pour des bêtises du type : «Est-ce que j’ai mis le lunch dans le sac de mon fils ? » Je ne me reconnaissais plus. J’avais déjà eu des postes plus stressants pourtant. Je ne sais pas si c’était un burn out. Mon boulot était hyper prenant d’un côté, je rénovais complètement une maison de l’autre, plus la famille à gérer… En tout cas, je ne pouvais pas en parler à ma collègue. J’avais trop honte.

De quoi avais-tu honte?

C’était des symptômes psychosomatiques. Rien ne m’empêchait de travailler. J’ai attendu que l’activité soit en phase creuse et je lui ai dit que je partais du jour au lendemain. 

Cela allait mieux ensuite

J’ai dormi le premier soir, c’était top, mais j’avais toujours des crises d’angoisse la journée. J’ai contacté le meilleur ami de mon mari, Igor, qui avait vécu la même chose. Il était malheureux dans son couple et les crises avaient duré jusqu’à ce qu’il prenne la décision de partir. Il m’a donné un super texte : « Le jour où je me suis aimé pour de vrai »*. J’ai réalisé alors que je pouvais m’aimer telle que j’étais. Je n’avais pas besoin de plus. Et tant pis si les gens ne m’aimaient pas comme ça ou s’ils avaient trop d’attente… 

J’ai fini par n’avoir qu’une ou deux crises par jour. Puis, on est rentrés en France l’été suivant et d’être avec mes amis et ma famille, c’est parti complètement. 

*Texte à retrouver à la fin de l’article

Comment analyses-tu cette période avec le recul?

J’ai compris que si je faisais beaucoup de choses, ces crises d’anxiété étaient aussi liées au contenu de mon travail. Une partie de moi avait l’impression de manipuler les gens. Quand je leur parlais, je faisais une étude en profiling sur eux pour comprendre à quelle hauteur ils pouvaient donner. Au niveau de mon moi profond, ça me dérangeait. Je ne savais plus si je m’adressais à eux avec authenticité ou avec des arrière-pensées pour l’entreprise. 

Comment as-tu pris cette décision difficile de démissionner?

J’en ai discuté à mon mari, mais il est très pragmatique, et m’a dit que j’avais le job rêvé. C’était vrai sur le papier : j’avais des vacances en même temps que les enfants, je finissais relativement tôt et j’étais très bien payée. C’est ma grande sœur qui m’a aidée à réaliser que mon boulot était le problème. Elle est infirmière libérale et m’a tout de suite dit : « Quitte ton job, c’est pourri ce que tu fais. » Je la remercie.

Julie Ripoll a fondé « San Diego, c’est beau ! » en 2019

Comment l’idée de monter ta boite t’est venue ensuite?

J’ai eu pas mal d’interruptions dans ma carrière et à chaque fois je me demandais ce que je pouvais faire. Je suis fière de mon pays, la France, et j’ai toujours voulu faire quelque chose en passerelle, mais je ne voyais pas trop quoi. Une copine quittait, à ce moment-là, son emploi en relocation à la chambre de commerce française. Elle partait pour un autre poste et j’ai postulé, tout en souhaitant le faire en indépendante et non en tant que salariée, pour ne plus avoir de boss et travailler à mon rythme. Ça n’a pas fonctionné. J’ai donc créé une première boite dans ce domaine. 

Peux-tu nous expliquer ce qu’est la relocation?

Cela consiste à aider les expatriés à s’installer dans leur ville de destination. C’est complètement différent du voyage. Il y a beaucoup d’infos sur Internet, mais ça ne change pas l’expérience de la personne sur place pour des petits détails qui sont hyper importants comme pour les visas, le permis de conduire, l’école des enfants, etc.

C’est aider les gens finalement, les accompagner, c’est chouette.

Comment a fonctionné cette première boite ?

Ça a été un flop. Je n’y avais pas engagé du tout la même énergie que celle que j’ai mise aujourd’hui dans « San Diego, c’est beau ! ». Ce n’était pas top, et vu que ce n’était pas top, j’avais des clients pas top. Je pense que je ne croyais pas en moi avec cette première entreprise.

Ensuite?

J’ai fait un traumatisme crânien et ça a été très compliqué pendant six semaines. Du coup tu revois ta vie différemment, sur ce qui est important ou non. Puis, j’ai aidé une association à mi-temps, ce qui me permettait de rester stimulée intellectuellement. Mais au bout de six mois, je me suis ennuyée. Ça ne me nourrissait pas. Et puis, encore un signe de l’univers, je me suis dit: « Stop, j’arrête, je monte ma boite ». Et voilà « San Diego, c’est beau ! » est né, officiellement, en février 2019.

En quoi consiste cette nouvelle entreprise?

J’avais constaté que la relocation ce n’était pas « sexy ». Qu’est-ce que tu veux mettre sur les réseaux sociaux ? J’ai donc rajouté une partie touristique avec l’organisation de tours. Ça n’existait pas en français sur San Diego. J’ai passé beaucoup de temps dans les musées, à rencontrer des anciens pour monter des circuits historiques de toutes pièces. Le fait d’avoir de belles photos me permet de faire marcher mon branding et de récupérer des clients en relocation. Puis, je devais mettre en place une partie « Vivre à San Diego », mais je l’ai revue pour prendre en compte le virus. Elle sera lancée prochainement.

Où en étais-tu avant la crise?

J’ai eu mes premiers clients en novembre, pile neuf mois après avoir démarré et là je me suis dit, c’est bon, c’est gagné. Puis, certains mois ensuite ont été top et d’autres… beaucoup moins. La réalité de l’entrepreneuriat. Mais heureusement que j’avais intégré une partie « Vivre à San Diego ». Je n’ai pas pensé juste au tourisme et au fait d’y emménager. J’ai vu le côté global. Tu visites San Diego, tu te dis c’est génial, j’ai trop envie d’y vivre. Tu viens t’y installer et j’ai des services à te proposer et après tu y vis et là, j’ai encore d’autres services à te proposer.

« Ma famille est restée constamment ma priorité. »

Comment as-tu réagi au début de la crise?

J’étais dégoûtée. Je me disais le tourisme va se casser la figure. Il ne se passera rien avant 2022. Quant à la relocation, avec les ambassades fermées, les gens ne peuvent même pas faire leur visa et puis ils vont se rendre compte qu’on peut travailler à distance. Donc j’étais assez négative. Cela ne m’a pas empêchée de développer un e-book, accessible gratuitement à tous sur mon site web, pour occuper ses adolescents sainement. 

Comment vois-tu l’avenir de ta société à présent?

Ce qui va me faire vivre, c’est la partie « Vivre à San Diego ». Je vais l’ouvrir aussi sur le Home-organizing. J’ai fini une formation l’année dernière et ça, je peux le faire en ligne. J’ai accompli beaucoup de choses en peu de temps et si les gens étaient mieux organisés dans leur agenda, ils pourraient le faire également tout en ayant du temps pour réaliser les activités qu’ils aiment.

La crise a donc changé l’orientation de ton entreprise?

Oui, parce que je ne vois pas d’avenir, au moins jusqu’en 2022, dans la partie tourisme ou relocation.

Aujourd’hui, tu es dans quel état d’esprit?

Je vis au jour le jour, one thing at a time. 

Que te dis-tu quand tu regardes ton parcours?

J’en suis fière. Je suis contente de tout ce que j’ai fait, de tout ce que j’ai vécu. Ça m’a apporté plein de choses qui font que je suis moi. Mais, malgré mon envie de travailler qui a toujours été présente, ma famille est restée constamment ma priorité.

De quoi es-tu la plus fière?

« San Diego, c’est beau ! » est mon troisième bébé. Je disais souvent avant que j’aurais un troisième enfant à 40 ans et plus ça allait, moins j’en avais envie (rires). Mais, cette entreprise a vraiment été un accouchement. Elle me nourrit. J’adore ! Depuis le Covid-19, je travaille moins parce qu’il y a toute une logistique familiale qui prend plus de temps, mais j’ai retrouvé la niaque que je n’avais plus au début du confinement. Je vais également commencer prochainement une formation diplômante qui pourra sauver mon entreprise (vous le saurez bientôt). Je suis super heureuse. Je pense que ça va m’apporter plein de choses pour la suite de mon business. C’est l’école de commerce que je n’ai pas pu faire plus jeune.

Vous pouvez retrouver Julie sur son site ou la suivre sur son compte Instagram ou sa page Facebook.

Comme Julie, vous avez un parcours atypique et vous aimeriez faire le point sur votre carrière professionnelle. Vous pensez à une reconversion professionnelle, mais vous ne savez pas vers quoi vous orienter.

« Le jour où je me suis aimé pour de vrai », Kim Mc Millen

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
J’ai compris qu’en toutes circonstances,
J’étais à la bonne place et au bon moment.
Et alors, j’ai pu me relaxer.
Aujourd’hui je sais que cela s’appelle …
L’Estime de Soi.


Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
J’ai pu percevoir que mon anxiété et
Ma souffrance émotionnelle,
N’étaient rien d’autre qu’un signal
Lorsque je vais à l’encontre mes convictions.
Aujourd’hui je sais que cela s’appelle …
L’Authenticité.


Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
J’ai cessé de vouloir une vie différente
Et j’ai commencé à voir que tout ce qui m’arrive,
Contribue à ma croissance personnelle.
Aujourd’hui je sais que cela s’appelle …
La Maturité.


Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
J’ai commencé à percevoir l’abus dans
Le fait de forcer une situation, ou une personne,
Dans le seul but d’obtenir ce que je veux,
Sachant très bien que ni la personne ni moi-même
Ne sommes prêts et que ce n’est pas le moment …
Aujourd’hui je sais que cela s’appelle …
Le Respect.


Le jour où je me suis aimé pour vrai,
J’ai commencé à me libérer de tout ce
Qui ne m’était pas salutaire …
Personnes, situations, tout ce qui
Baissait mon énergie.
Au début, ma raison appelait ça de l’égoïsme.
Aujourd’hui je sais que cela s’appelle …
L’Amour Propre.


Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
J’ai cessé d’avoir peur du temps libre
Et j’ai arrêté de faire de grands plans,
J’ai abandonné les mégaprojets du futur.
Aujourd’hui je fais ce qui est correct, ce que j’aime,
Quand cela me plaît et à mon rythme.
Aujourd’hui je sais que ça s’appelle …
La Simplicité.


Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j’ai cessé
De chercher à avoir toujours raison, et me suis
Rendu compte de toutes les fois ou je me suis trompé.
Aujourd’hui j’ai découvert …
L’Humilité.


Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j’ai cessé
De revivre le passé et de me préoccuper de l’avenir.
Aujourd’hui je vis le présent,
Là où la vie se passe.
Aujourd’hui je vis une seule journée à la fois
Et cela s’appelle …
La Plénitude.


Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
J’ai compris que ma tête pouvait
Me tromper et me décevoir.
Et si je la mets au service de mon cœur
Elle devient une alliée très précieuse
Tout ceci est …
Le Savoir Vivre.


Nous ne devons pas avoir peur de nous confronter….
Du chaos naissent les étoiles.
Aujourd’hui je sais que cela s’appelle … 
La Vie !

Cet article a 1 commentaire

  1. danielle ripoll

    Bravo pour cette perception positive de ta vie,puisse t-elle te guider tout au long de ta vie!

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« Je vis au jour le jour, one thing at a time. » – Julie Ripoll, fondatrice de « San Diego, c’est beau! »