Multipotentiel : choisir ses projets sans tout abandonner

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Vous avez mille idées, vous vous lancez avec enthousiasme… puis une nouvelle envie arrive, et le projet d’avant reste sur le côté. Quand on est multipotentiel·le, le problème n’est pas de manquer d’idées. C’est de savoir lesquelles suivre, et de tenir jusqu’au bout. Dans cet épisode de Ma Rêv’olution pro, j’ai reçu Virginie Perbal, multipotentielle assumée, conférencière et créatrice d’espaces pour les femmes entrepreneures. Elle partage sa définition de la multipotentialité, les pièges qu’elle observe, et la méthode très concrète qu’elle utilise aujourd’hui pour trier ses projets. Sa réponse tient en une idée : arrêter de chercher le job idéal, et chercher plutôt son fil rouge.

 

Qu’est-ce qu’être multipotentiel ?

Un ou une multipotentiel·le s’intéresse à de nombreux sujets, souvent très variés. Mais pour Virginie, ce n’est pas seulement une question de curiosité : « Ce n’est pas simplement le fait d’avoir des idées, c’est avoir un besoin viscéral de les mettre en place. » Le multipotentiel a besoin de tester, d’expérimenter, de voir si ça marche.

Il n’existe pas de test officiel : la multipotentialité n’est pas reconnue comme une atypie, c’est une façon de fonctionner. Le plus souvent, on le sait parce qu’on sent qu’on ne fonctionne pas comme tout le monde. Et cela se voit à une question toute simple, que beaucoup redoutent : « Qu’est-ce que tu fais dans la vie ? » Répondre en un mot donne l’impression de se couper d’une partie de soi.

Le piège principal : l’étagère à projets

Virginie parle de « l’étagère à projets ». On commence un projet, on le teste un peu, puis une nouvelle idée arrive, plus séduisante sur le moment. On s’y jette, et le projet d’avant rejoint l’étagère. « Le piège principal de la multipotentialité, c’est l’abandon. »

Pourquoi ? Parce que, selon elle, les multipotentiels sont « plus stimulés par la nouveauté que par la pertinence d’un projet ». Tout le monde aime la nouveauté, mais chez eux, l’élan retombe vite dès que le projet devient laborieux. Et le passage à l’action est justement le moment où l’on rencontre des refus, des portes fermées, des contrariétés. La tentation est alors de fuir vers un projet plus neuf.

D’où une question essentielle : face à une nouvelle envie, est-ce un vrai désir, ou une fuite ?

Séquentiel, simultané ou combinatoire : quel multipotentiel êtes-vous ?

Pour y voir plus clair, Virginie s’appuie sur trois façons de vivre sa multipotentialité, inspirées des travaux d’Emilie Wapnick, autrice et conférencière qui a popularisé le terme.

  • Le séquentiel plonge à fond dans un sujet pendant deux, trois ou quatre ans, jusqu’à en devenir expert, puis passe à autre chose. C’est, selon Virginie, le profil le plus simple à vivre, car il reste centré pendant un temps.
  • Le simultané (ou slasheur) cumule plusieurs activités sans lien entre elles : prof de yoga le matin, community manager l’après-midi, créateur de bijoux le week-end. Ce qu’il aime, c’est justement la diversité.
  • Le combinatoire mène aussi plusieurs activités en parallèle, mais toutes réunies sous une même « thématique parapluie ». Pour Virginie, c’est accompagner les femmes à oser prendre leur place, à travers son podcast, ses conférences et ses ateliers.

Aucun profil n’est meilleur qu’un autre. Mais savoir lequel vous ressemble change la façon de choisir vos projets.

Comment choisir parmi tous ses projets ? Les 3 filtres de Virginie

Aujourd’hui, Virginie ne lance plus un projet sur un coup de cœur. Elle le fait passer par trois filtres.

  1. Le filtre des deux semaines. Elle laisse passer deux semaines. Si l’idée est toujours là, elle s’y intéresse. Sinon, « c’était juste de la dopamine », et elle passe à autre chose.
  2. Le filtre du profil. Ce projet nourrit-il ma façon d’être multipotentielle ? Pour une combinatoire comme elle : est-ce qu’il sert ma thématique ?
  3. Le filtre du chemin. On imagine souvent le plaisir de l’arrivée : le livre publié, la séance de dédicace. Mais écrire un livre, c’est aussi des mois seule devant son ordinateur. Alors elle se demande : « Est-ce que le chemin me procure autant de plaisir que la destination ? »

Si la réponse est oui aux trois, le projet mérite qu’on s’y engage. Reste ensuite à nourrir la persévérance, que les multipotentiels ont rarement eu l’habitude d’entraîner : accepter qu’il est normal de se prendre des portes, et continuer.

Pour garder le cap au quotidien, Virginie a aussi un outil tout simple : un carnet à idées. Chaque idée qui surgit y est notée, puis attendra son tour. Sans ce cadre, dit-elle, elle a « perdu des journées entières » à faire des recherches qui ne menaient nulle part.

Vous vous reconnaissez dans cette étagère à projets ? Le bilan de compétences peut vous aider à faire le tri.

 

Arrêter de chercher le job idéal : trouver son fil rouge

C’est peut-être l’idée la plus libératrice de l’épisode. « Quand on est multipotentiel, il faut arrêter de vouloir trouver le job idéal. Ce qu’il faut trouver, c’est sa thématique, son fil rouge. »

Virginie a mis longtemps à identifier le sien. Après des années dans le social, puis dix ans comme entrepreneure (et, d’après son propre calcul, 34 métiers dans sa vie), elle s’est rendu compte que tout tournait autour d’un même axe : aider les femmes à prendre leur place.

Comment trouver le sien ? Souvent, le fil rouge se cache dans les valeurs. En travaillant son système de valeurs, puis en relisant son parcours, on voit apparaître ce qui relie des expériences en apparence dispersées. C’est exactement ce que je constate en bilan de compétences : les personnes qui ont beaucoup changé ont souvent l’impression de « ne rien savoir faire », alors que leur parcours a une cohérence qu’elles ne voient pas encore.

 

La multipotentialité, une force à assumer

Pour Virginie, le plus difficile n’est pas la multipotentialité elle-même, mais le regard des autres : l’impression d’être dispersé·e, de ne pas trouver « la » voie, dans une société qui demande très tôt de choisir un métier.

Pourtant, la multipotentialité est aussi une force :

  • une grande richesse de compétences accumulées au fil des expériences ;
  • une capacité à apprendre très vite ;
  • un talent pour relier des sujets là où d’autres ne voient pas de lien, et inventer de nouveaux concepts.

Son conseil : arrêter de la cacher. « On s’épuise à se battre contre soi-même. » En entreprise comme en indépendant·e, la multipotentialité peut devenir un atout, à condition de l’assumer et de se donner un cadre.

En résumé

  • Être multipotentiel·le, c’est avoir de nombreux centres d’intérêt et le besoin de passer à l’action.
  • Le piège principal est l’abandon : la nouveauté attire plus que la pertinence.
  • Repérez votre profil : séquentiel, simultané ou combinatoire.
  • Triez vos idées avec 3 filtres : deux semaines d’attente, le lien avec votre profil, le plaisir du chemin.
  • Cherchez votre fil rouge plutôt que le job idéal.

 

Questions fréquentes

Comment savoir si je suis multipotentiel ? Il n’existe pas de test officiel. Les signes les plus fréquents : de nombreux centres d’intérêt très variés, le besoin de tester vos idées, et une vraie difficulté à répondre à « qu’est-ce que tu fais dans la vie ? ».

Multipotentiel et haut potentiel, est-ce la même chose ? Non. La multipotentialité décrit une façon de fonctionner face aux intérêts et aux projets. Elle peut exister avec ou sans haut potentiel intellectuel.

Quel métier choisir quand on est multipotentiel ? Plutôt que de chercher un métier unique, cherchez votre fil rouge, puis le format qui vous convient : un poste aux multiples facettes, plusieurs activités en parallèle, ou des chapitres successifs.

L’entrepreneuriat est-il fait pour les multipotentiels ? Pas forcément. Il offre de la liberté et plusieurs casquettes, mais demande aussi beaucoup de cadre et de solitude. Pour Virginie, ce n’est « pas la solution miracle ».

 

Et vous, quel est votre fil rouge ?

Si vous vous reconnaissez dans ce portrait et que vous cherchez une voie qui laisse de la place à toutes vos facettes, le bilan de compétences est un bon moyen de prendre du recul : relire votre parcours, identifier vos valeurs et faire émerger votre fil rouge. Je vous propose un entretien préalable à un bilan de compétences, gratuit et sans engagement.

 

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