Besoins psychologiques en Process Com : ce qui vous motive vraiment (et ce qui se passe quand ils ne sont pas nourris)

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Pourquoi une semaine bien planifiée en motive certains et en angoisse d’autres ? Pourquoi un collègue qui ne dit pas bonjour peut vous gâcher la matinée, quand d’autres ne l’auraient même pas remarqué ? La Process Communication apporte une réponse simple : nous n’avons pas tous les mêmes besoins psychologiques.

Le modèle en identifie huit. Quand ils sont nourris, ils nous donnent de l’énergie et de la motivation. Quand ils ne le sont pas, nous allons les chercher… de travers, souvent sans nous en rendre compte.

Dans cet épisode, je reçois Myriam Makni, coach professionnelle, fondatrice de Mayo Management et spécialiste de la Process Com. Avec elle, nous regardons ce qui nous motive vraiment, ce qui se passe sous stress, et comment prendre soin de ses besoins au quotidien.

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La Process Com en deux mots : un immeuble à six étages

La Process Communication a été mise au point par le psychologue américain Taibi Kahler, dont les recherches ont été en partie financées par la NASA dans les années 70. Elle part d’une idée : nous utilisons tous six énergies, mais chacun dans un ordre de préférence qui lui est propre.

La métaphore utilisée est celle d’un immeuble. Le rez-de-chaussée, c’est votre énergie de base, « votre langue maternelle », comme le dit Myriam. Les étages supérieurs sont accessibles, mais demandent plus d’effort. Les six types sont l’Analyseur, l’Empathique, l’Énergiseur, le Persévérant, le Promoteur et l’Imagineur (anciennement Travaillomane, Rebelle et Rêveur pour trois d’entre eux).

Pour découvrir chaque type en détail, vous pouvez lire l’article sur la Process Com et la reconversion avec Sophie Huot. Ici, on s’intéresse à ce qui fait vraiment avancer chacun : ses besoins.

Quels sont les 8 besoins psychologiques de la Process Com ?

Six types, mais huit besoins : certains types en ont deux, d’autres un seul. Myriam insiste sur un point : ce ne sont pas seulement des besoins « pour se sentir bien », ce sont aussi de vraies sources de motivation, ce qui met la personne en mouvement.

TypeBesoin(s) psychologique(s)Ce qui le nourrit, concrètement
AnalyseurStructuration du temps ; reconnaissance du travail (la compétence, le résultat)Un planning clair, de la visibilité, un « c’est du travail sérieux »
EmpathiqueReconnaissance de la personne ; satisfaction sensorielleUne marque d’attention, un environnement harmonieux, un bon moment partagé
ÉnergiseurContact ludiqueUn clin d’œil, de la complicité, de la liberté dans le cadre
PersévérantReconnaissance des opinions ; reconnaissance du travail (l’engagement)Qu’on lui demande son avis, qu’on salue l’effort fourni
PromoteurExcitation, défiUn objectif difficile, de l’action, de l’adrénaline
ImagineurSolitude choisieDu temps à soi, sans sollicitations

Des exemples tirés de l’épisode

  • L’Énergiseur et le coiffeur. Myriam prenait tous ses rendez-vous chez le coiffeur un an à l’avance. Une collègue à forte énergie Énergiseur a vu dans ce système « le septième cercle de l’enfer » : elle, elle pousse la porte d’un salon qui a l’air sympa quand l’envie lui prend.
  • Le Persévérant et les vacances. Un conjoint qui organise tout sans demander l’avis de l’autre : pour certains, c’est un cadeau ; pour un Persévérant, c’est une source de dispute. Il a besoin qu’on reconnaisse ses opinions.
  • Le Persévérant et le garage. Un parent passe le week-end à vider le garage avec les enfants, sans aller au bout. Ce qu’il a besoin d’entendre, ce n’est pas un bilan du résultat, c’est un merci pour l’engagement.
  • L’Imagineur et la randonnée. Partir seul une semaine marcher sur le chemin de Compostelle peut être exactement ce qui le recharge. À condition que cette solitude soit choisie, pas subie.

Un détail utile : les noms des types ne décrivent pas des compétences. « Bien sûr que tu as de l’empathie », répond Myriam aux personnes qui s’étonnent de ne pas avoir l’énergie Empathique en premier. Nous avons tous les six énergies ; ce qui change, c’est leur ordre.

Que se passe-t-il quand un besoin psychologique n’est pas nourri ?

Myriam part d’une scène que tout parent connaît : l’enfant tire sur la manche, on ne l’écoute pas… et il finit par dessiner sur les murs. Des recherches l’ont montré : mieux vaut une attention négative que pas d’attention du tout.

Adultes, nous fonctionnons pareil. Quand un besoin n’est pas nourri de façon positive, nous allons le chercher de façon négative, malgré nous.

L’exemple de l’Analyseur est parlant :

  • privé de structure, il devient ultra rigide sur les horaires et le planning ;
  • privé de reconnaissance, il cherche à prouver sa compétence et centralise de plus en plus ;
  • il arrête de déléguer, se surcharge, et se convainc qu’« il va tellement plus vite quand c’est lui qui le fait » ;
  • l’écart se creuse, et il porte seul une charge qui aurait pu faire grandir toute l’équipe.

Se reconnaître dans ces mécanismes peut surprendre. C’est souvent là que le modèle devient vraiment utile.

Stress, mécommunication et masques : le sous-sol de l’immeuble

La Process Com distingue deux choses :

  • le stress, le « bon » stress, comme le trac avant de monter sur scène, qui peut donner des ailes ;
  • le distress, qui nous coupe d’une partie de nos ressources.

Quand deux personnes ne sont pas sur le même canal, la Process Com parle de mécommunication : l’échange a lieu, mais il ne produit pas les effets attendus, voire l’inverse. Un premier passage sous stress est très rapide et se rétablit vite. Mais si la situation se répète ou s’intensifie, on descend au « sous-sol » de l’immeuble et on sort ce que le modèle appelle des masques.

Et les masques appellent les masques. Un masque attaquant en face d’un autre masque attaquant, et c’est l’escalade. En face d’une personne qui se met en position plus plaintive, l’échange devient complice dans le mauvais sens.

Myriam rappelle aussi que le stress peut être tout bêtement physiologique : elle a vu des réunions abordées à 11 h 45 dégénérer avant 13 h, simplement parce que tout le monde avait faim.

Comment prendre soin de ses besoins psychologiques ?

« La première personne qui est responsable de prendre soin de ses besoins, c’est soi-même. » — Myriam Makni

C’est, selon Myriam, ce que le modèle lui a apporté de plus important. Concrètement :

  1. Repérer ses signaux. Comme un coureur qui sait qu’une douleur à tel kilomètre risque d’empirer, on apprend à se dire : « si je commence à parler comme ça, c’est que je suis entré dans mon truc ».
  2. Nourrir ses besoins positivement, à sa façon. Ce qui fait du bien à l’un n’est pas ce qui fait du bien à l’autre. Myriam, de base Empathique, a gardé le plaisir de cuisiner mais en version bonne pour sa santé, et va au hammam une fois par saison avec une amie chère : soin, sensations et relation, le « combo gagnant ».
  3. Anticiper ses angles morts. En période de stress, elle se fait relire sur les dossiers importants, parce qu’elle sait que son attention baisse.
  4. Offrir, sans manipuler. Quand on voit l’autre sous stress, on peut lui proposer ce qui nourrit son besoin. Il le prend ou pas : c’est sa responsabilité.

Pourquoi c’est utile quand on pense à se reconvertir

Vos besoins psychologiques ne s’arrêtent pas à la porte du bureau. Un poste peut correspondre à vos compétences et pourtant vous épuiser, parce qu’il ne nourrit pas ce dont vous avez besoin pour avancer : de la liberté, du défi, de la reconnaissance, de la solitude, de la structure…

C’est aussi pour ça que je crois qu’on trouve sa voie en se connaissant, pas en se conformant. Connaître ses besoins aide à regarder un métier, mais aussi un cadre de travail, un rythme, une équipe.

Je l’ai vécu moi-même. J’ai un fort besoin de liberté et de flexibilité, et quand j’étais professeure des écoles, je ne l’avais pas : des horaires fixés, un emploi du temps imposé, peu de marge pour organiser mes journées comme je le sentais. Ce n’était pas une question de compétences ni d’envie de transmettre. C’est ce besoin non nourri qui a pesé, et qui a compté dans ma reconversion.

Si vous sentez que votre travail actuel ne nourrit plus grand-chose chez vous, un bilan de compétences peut vous aider à faire le point.

Les limites de la Process Com : ne pas s’enfermer dans une étiquette

Comme tout outil de connaissance de soi, la Process Com comporte un risque d’enfermement. Myriam rappelle quelques règles :

  • nous sommes tous un mélange des six énergies : on ne réduit personne à sa base ;
  • on ne « type » pas les autres sans leur accord, ni à partir d’une image publique ;
  • on répond à la langue parlée sur le moment, sans en déduire le profil de la personne ;
  • un profil n’est validé qu’avec la personne : après le questionnaire d’environ 45 minutes, un débrief permet de vérifier qu’elle s’y reconnaît.

C’est l’esprit que je partage avec tous les outils de personnalité, comme le MBTI, dont nous avons parlé dans un autre épisode : ouvrir des possibles plutôt que se mettre dans une case.

En résumé

  • La Process Com identifie 8 besoins psychologiques répartis entre 6 types de personnalité.
  • Ces besoins sont des sources de motivation, pas seulement de bien-être.
  • Un besoin non nourri positivement se cherche négativement : rigidité, contrôle, conflits.
  • Sous stress, on sort des masques, et les masques appellent les masques.
  • C’est à chacun de prendre soin de ses besoins, à sa façon.

Questions fréquentes

Quels sont les 8 besoins psychologiques de la Process Com ?

La structuration du temps, la reconnaissance du travail, la reconnaissance de la personne, la satisfaction sensorielle, le contact ludique, la reconnaissance des opinions, l’excitation et la solitude. Certains types en ont deux, d’autres un seul.

Que se passe-t-il quand un besoin psychologique n’est pas satisfait ?

On va le chercher de façon négative, souvent sans s’en rendre compte. Si la situation dure, on passe sous stress et on adopte des comportements typiques de son profil, que la Process Com appelle des masques.

Peut-on changer de type en Process Com ?

Selon le modèle, l’ordre des étages se fixe vers 7 ans. Mais on se déplace en permanence dans son immeuble et on peut développer chaque énergie, comme un joueur de tennis travaille son revers.

Comment connaître son profil Process Com ?

En passant l’inventaire de personnalité avec un·e professionnel·le certifié·e. Le questionnaire prend environ 45 minutes et se termine par un débrief, individuel ou en formation.

Pour aller plus loin

Retrouvez Myriam Makni sur LinkedIn et sur la page de Mayo Management, qui propose notamment des formations à la Process Com.

Vous avez envie de mieux comprendre ce qui vous motive vraiment et d’en faire une boussole pour la suite de votre parcours ? Je vous propose un entretien préalable à un bilan de compétences, gratuit et sans engagement, pour en parler.

Clarence Coudert Mirkovic, coach professionnelle et consultante en bilan de compétences.

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