« Je fais partie des personnes qui ressortent grandies de cette expérience »

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Confidences d’entrepreneures: Vous allez trouver dans cette série d’articles, des témoignages de femmes et d’hommes qui se sont lancés, il y a peu de temps, dans l’entrepreneuriat et qui sont confrontés à la crise actuelle du Coronavirus. Comment réagissent-ils ? Que mettent-ils en place pour continuer à se développer ? Quel est leur état d’esprit ?

J’accueille, pour la première interview, Anne-Sophie Raoul qui habite dans le Loiret, à côté de Montargis. Anne-Sophie, à 48 ans, a un parcours professionnel « assez atypique » comme elle le définit elle-même et « pas mal la bougeotte ». De la gestion d’un campement touristique au Cameroun à gérante d’un magasin de cadeaux sur Orléans en passant par un poste de responsable développement pour une chaine de piscines et d’abri de piscines, elle a déjà eu de nombreuses expériences professionnelles dont le fil rouge a toujours été la vente et le management. Elle est aujourd’hui, et depuis un an et demi à temps plein, vendeuse à domicile indépendante et collabore avec la marque Nu Skin, spécialisée dans les soins antiâges basés sur l’épigénétique.

Où en étais-tu de ton activité avant la crise du coronavirus?

Je venais de trouver un équilibre qui me correspondait et j’étais en plein boom depuis quatre-cinq mois. J’étais passée d’un salaire qui variait entre 500 et 800 euros/mois à un revenu de 2500 euros et ça faisait quatre cinq mois que je parvenais à le maintenir.

Anne-Sophie Raoult est vendeuse à domicile
Anne-Sophie, en pleine Beauty party, avec ses clientes et distributrices.

Qu’avais-tu mis en place pour atteindre ces résultats?

J’ai travaillé sur le développement du réseau, c’est-à-dire sur le recrutement d’une équipe de distributeurs, sur des méthodes de travail et sur des modules de formation pour les accompagner. 

J’ai également expérimenté tous les systèmes de vente qui peuvent être appropriés à mon métier : les rendez-vous en face à face en allant chez les gens à domicile, mais aussi en B To B, c’est-à-dire avec les salles de sport, les spas, les salons de coiffure, les esthéticiennes, etc. J’avais aussi travaillé avec les réseaux sociaux, ce qui n’était pas du tout mon fort et, maintenant, je sais ce qui me correspond le plus. J’ai testé également des façons de me présenter et travaillé mon Pitch.

Le décollement a vraiment commencé au mois de septembre 2019. Il y a eu un déclic dans ma tête et j’ai commencé à travailler différemment, à travailler entre autres sur la procrastination. Quand tu es à temps plein dans une activité où tu n’as personne derrière toi pour te rappeler à l’ordre, c’est facile de trouver des choses très sympas à faire, mais qui ne sont pas forcément les choses qui vont payer immédiatement.

Quel a été ce déclic?

J’ai fait un peu de développement personnel. J’ai lu des livres et écouté pas mal d’audio de personnes inspirantes. Et je me suis rendu compte que : 1/j’avais un souci sur la procrastination et qu’il fallait que je travaille dessus et 2/que j’avais un gros souci d’organisation, c’est-à-dire que je suis quelqu’un d’hyper carré, j’aime bien les tableaux Excel, les petites cases, les placards avec les boites, etc. Mais par contre dans ma façon de travailler, j’avais un peu tendance à passer du coq à l’âne et en fin de compte à papillonner. J’avais du mal à rester concentrée sur quelque chose parce que dès que j’avais un appel, je passais à autre chose et je laissais tomber ce que j’étais en train de faire. Et la seconde chose, ça a été effectivement de travailler beaucoup en rendez-vous face à face. Financièrement, c’est ce qui a tout changé. Plutôt que de m’entêter dans des systèmes de vente qui ne me correspondaient pas, je suis repartie dans le système de parrainage et de recommandation que j’exploitais beaucoup dans les énergies renouvelables. Ç’a tout de suite eu un impact très fort dans mon business.

Quels sont les livres ou les podcasts qui t’ont le plus aidée ?

Celui qui m’a vraiment fait comprendre pas mal de choses, enfin c’est plus une méthode qu’une réflexion, c’est le miracle morning. Il m’a boostée sur la partie organisation et permis de me structurer. J’ai beaucoup écouté Max Piccinini aussi en développement personnel.

Tu as mis en place une routine matinale ?

Oui, même si je suis un peu désorganisée depuis le début du confinement, j’ai une routine du matin où j’essaie de prendre un temps pour moi, ce qui n’était pas le cas avant. J’avais tendance à me mettre tout de suite au boulot. J’essaie de faire régulièrement du sport aussi et toujours le matin. Je me suis rendu compte que quand je voulais en faire dans la journée, je passais mon temps à repousser et à me dire que j’avais plus important à faire. Depuis que j’ai mis en place cette routine matinale, j’en refais beaucoup plus. Et puis j’ai découvert la méditation que je ne connaissais pas et que j’avais d’ailleurs beaucoup de mal à comprendre. Pour moi, les gens qui étaient là-dedans et dans le développement personnel, c’était un peu des extraterrestres. J’avais des a priori dessus, alors qu’aujourd’hui, je me rends compte que ça m’a aidée dans beaucoup de choses.

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Comment as-tu réagi au début de la crise?

J’ai été malade avant tout le monde et mise à l’isolement. J’en suis sortie le jour où ils ont annoncé qu’on allait rentrer en confinement, mais j’ai tout de suite eu une réaction positive. Je pense que le développement personnel m’a beaucoup aidée en me disant qu’il faut ressortir le meilleur de chaque chose et qu’il faut que j’essaie de sortir mon épingle du jeu de cette situation difficile. Du coup, j’ai tout de suite essayé de mettre ma créativité en route. Ce virus et cette période de confinement auront développé, chez nous toutes, un sens de la créativité incroyable. J’ai été heureuse de voir que j’arrivais à sauver les meubles, au mois de mars, puisque j’ai réussi à faire la moitié de mon volume habituel. Le problème c’est que dans mon secteur d’activité, la moitié du volume ne veut pas dire la moitié du salaire, car tu as des taux de rémunération qui sont différents en fonction des quantités. Donc quand je fais la moitié du volume, je fais à peine le quart du salaire. Je me dis que ce n’est pas dramatique, qu’il y a pire, donc je continue à me battre pour remonter là où j’en étais.

Quelle est ton organisation?

Je suis debout quasiment tous les jours à 6 h et je me force à m’arrêter, quand on a les enfants une semaine sur deux, à 19h30 max pour profiter de la soirée avec eux. Et les semaines où on ne les a pas, c’est plutôt 20 h-21 h. J’essaie de garder au moins les soirées pour participer à la vie de famille.

Est-ce que tu dirais que tu travailles deux fois plus qu’avant?

Oui, deux fois plus.

Anne Sophie Raoul a réussi sa reconversion professionnelle
Anne-Sophie travaille deux fois plus qu’avant. « Je n’ai pas le choix si je veux sauver mon business. »

Comment expliques-tu cela?

Je me dis que je n’ai pas le choix si je veux sauver mon business, si je ne veux pas perdre tous les efforts qui ont été faits avant. Comme beaucoup d’entre nous, je n’ai pas le droit au chômage, je n’ai pas d’aide, je n’ai même pas le droit aux 1500 euros de l’état de par mon statut. Je me bats donc au maximum pour que la perte de salaire soit la moins importante possible.

Qu’as-tu mis en place comme actions?

Je travaille en binôme, tous les jours, avec une vendeuse indépendante comme moi. On a l’avantage d’avoir la même vision de notre business et du coup on travaille beaucoup en collaboration et on a mis nos équipes en commun. 

On a mis en place un bureau virtuel sur Zoom où on travaille en Visio au moins 4 h/jour, tous les jours. On se connecte et on travaille ensemble comme si on était dans le même bureau, même si on ne travaille pas sur un document commun. Ça nous permet de ne pas avoir l’impression d’être toutes seules.

On a mis en place également des « Beauty party » pour nos clientes, sur Zoom, trois fois par semaine. Au-delà de la présentation de produits, puisqu’on ne fait pas de vente pendant ces moments-là, on parle d’un thème spécifique avec des professionnels. Par exemple : un coach sportif et une spécialiste de l’amincissement sont venus nous parler d’amincissement, une pharmacienne nous a expliqué l’intérêt de booster son système immunitaire. Le but est d’apporter des conseils aux gens, que ce soit un moment convivial, et de faire parler de nous, de nos produits. 

On a mis en place aussi des sessions de formation pour les nouvelles distributrices et des sessions recrutement où on explique comment on travaille. 

Tout ça, ce sont des outils qui sont censés aider notre réseau à faire leurs premières ventes malgré le confinement. 

Quel est ton état d’esprit depuis le début du confinement?

Il est plutôt positif quoi qu’il arrive. J’ai beaucoup de chance, car je pense que je ferais partie des personnes qui sortiront grandies de cette expérience. Ça m’aura appris beaucoup sur moi-même et mon entreprise et ça m’aura permis, par obligation, de développer beaucoup de choses que je n’aurais certainement pas faites ou pas aussi rapidement s’il n’y avait pas eu ce confinement. 

Qu’as-tu appris sur toi?

Je ne pensais pas que j’aurais cette aisance devant la caméra par exemple.

Ça m’a appris aussi à me structurer encore plus. Je m’aperçois que je suis encore capable de me laisser dépasser par les événements. D’un côté je m’organise de plus en plus et d’un autre côté, j’ai l’impression que ce n’est jamais assez. 

Qu’est-ce qui t’aide à être positive, à aller de l’avant?

Je suis plutôt quelqu’un d’optimiste en temps normal et je pars du principe qu’il y a toujours pire autour de soi. Mais j’ai la chance d’être en bonne santé, mon mari a pu rentrer en France en temps, nos enfants sont en bonne santé. Je me dis que c’est une chance quand on voit ce qui se passe. J’ai une chance incroyable. Je suis dans une maison, je suis dehors dans mon jardin. Je ne vois pas comment je pourrais me plaindre avec ce qui se passe aujourd’hui. 

Qu’est-ce qui est le plus difficile à vivre pour toi en ce moment ?

Le manque de contact physique avec mes clients. Déjà parce qu’au niveau du chiffre d’affaires, c’est une évidence que je ne pourrais jamais vendre autant par les réseaux sociaux et par Zoom qu’en rendez-vous physique et parce que j’aime le contact humain. J’ai beau être bavarde et, Zoom te permet de parler, ce n’est quand même pas pareil que quand tu as des gens en face de toi.

Est-ce que tu crois que ça va changer ta façon de travailler après?

Oui, je pense que je travaillerai beaucoup plus en télétravail. Je sais que j’ai besoin d’avoir un contact physique de temps en temps, mais je vais développer les rendez-vous Visio avec mes clients et passer beaucoup moins de temps sur la route. C’est une évidence pour moi.

Je pense qu’on maintiendra également un travail en réseau sur les réseaux sociaux et les « Beauty party ». On a découvert là une belle façon pour les nouveaux distributeurs de faire des ventes.

Ça va changer mon organisation aussi. Je prends le temps de m’arrêter le midi, chose que je ne faisais quasiment jamais avant, et c’est assez plaisant. Prendre soin de moi enfin. J’ai remis des routines beauté en place que je ne faisais plus ou que je n’avais jamais faites. Comme on dit, ce sont souvent les cordonniers les plus mal chaussés.

Quelque chose à ajouter?

Je positive énormément. Je suis convaincue que si ça me fait perdre de l’argent aujourd’hui, humainement et professionnellement, ça m’aura apporté beaucoup plus que ça ne m’en aura fait perdre. Mon équipe est soudée plus que jamais. J’ai des distributrices qui sont hyper présentes parce qu’elles sont chez elles. Elles ont beaucoup de plus de temps pour assister aux formations. C’est super positif parce qu’elles ont accepté de nous suivre et de jouer le jeu alors qu’elles pourraient profiter du fait qu’elles ne sont pas obligées de travailler, car pour les 2/3 c’est une activité secondaire. 

Quelque chose d’important aussi. Même si je suis chez moi, même si je n’ai pas de rendez-vous clients, tous les matins, quand je me lève, je me lave, je m’habille, je mets des chaussures et je me maquille. Je fais attention à moi parce que je me dis que si je suis enfermée deux mois avec mon mari, et s’il me voit deux mois en pyjama, il va peut-être faire la tête au bout d’un moment. Même pour soi. C’est aussi grâce à des petites choses comme ça qu’on arrive à rester positif et qu’on ne s’enferme pas dans une morosité qui ne peut être que grandissante.


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